Machinisme agricole

Les machines agricoles ont commencé à se développer après la Grande Guerre (1914-1918), profitant des progrès technologiques réalisés pendant cette terrible période. Les tanks se sont vus recyclés en tracteurs, les produits chimiques de mort en produits phytosanitaires.

Auparavant, la principale source d’énergie utilisée pour les travaux agricoles était fournie par la gent animale. Bœufs, chevaux, mules, ânes et même chiens ont aidé les hommes à cultiver la terre, à l’aide d’outils qui n’ont cessé d’évoluer au cours des âges, preuve s’il en est de l’ingéniosité humaine lorsqu’il s’agit de faire face à des travaux durs.

Dès que l’utilisation de la vapeur a été maîtrisée, dans la seconde moitié du XIXe siècle, les applications à l’agriculture ont vu le jour et des machines ont été créées pour tenter de produire plus et plus vite. On peut citer les faucheuses, faneuses et batteuses à vapeur, alimentées au bois et au charbon, puis à moteurs à combustion interne, fonctionnant au pétrole puis au diesel.

 

L’arrivée des tracteurs dans les champs fut malgré tout très progressive et si aujourd’hui les technologies utilisées pour certaines formes d’agriculture n’ont rien à envier aux technologies de l’espace, le réel avènement des machines agricoles date réellement des années 1960.

C’est au cours de cette période, en France, que les ministères de l’Agriculture successifs se sont intéressés à la gestion des territoires, l’autonomie alimentaire des populations et aux technologies agricoles permettant d’y conduire. Sont alors nés des organismes tels que le CEMAGREF et l’INRA, puis plus tard les Agences de l’Eau dont la vocation était de promouvoir et accompagner l’agriculture industrielle et les aménagements du territoire (remembrements, hydraulique et énergie, réseaux routiers et ferroviaires, assainissement, …).

Les enjeux étaient alors de recycler les produits des guerres pour relancer l’économie. Si l’idée mérite toujours qu’on s’y intéresse, les moyens  mis en œuvre à l’époque restent discutables et l’orientation prise est lourde de conséquences. Aujourd’hui ces organismes se sont réorientés vers le développement durable de l’agriculture et des milieux ruraux. Les connaissances scientifiques acquises sont une aide précieuse pour appréhender les phénomènes écologiques et leurs rythmes.

Dans le même temps, d’autres orientations étaient prises par la société civile, dont les mouvements d’éducation populaire, attachés au monde rural et à la transmission de ses savoirs, qui ont permis le maintien d’une agriculture traditionnelle, plus intégrée dans son environnement, elle aussi contrainte à la rentabilité économique dans un contexte fluctuant. Ces formes d’agriculture sont représentées aujourd’hui par les réseaux d’Agriculture Biologique  et d’agriculture Bio-dynamique, entre autres.

Nous ne pouvons pas renier les progrès qu’ont autorisé les machines à usage agricole. La pénibilité et la dangerosité des travaux se sont vues considérablement réduites, les surfaces travaillées augmentées, les rendements et la sécurité alimentaire améliorés, les aménagements paysagers rendus possibles.

 

Les concepteurs et les constructeurs, soutenus par les professionnels usagers, n’ont eu de cesse d’améliorer les machines et les matériels et chaque année les salons professionnels apportent leur lot d’innovations. Aujourd’hui l’accent est mis sur les économies d’énergie, la sécurité alimentaire, la limitation des pollutions et l’augmentation des usages dans l’entretien des territoires.

Nous constatons des formes de gigantisme pour certains types de machines, tant en puissance qu’en masse et nous interrogeons sur la place réelle que des machines de ce type doivent occuper pour maintenir une agriculture durable et respectueuse des hommes et des biotopes qu’elle occupe. La réimplantation d’arbres dans les cultures amènera certainement de nouvelles évolutions en matière de machinisme.

Les machines agricoles sont des créations humaines, destinées à accomplir des fonctions précises et complexes, permettant de sécuriser et de limiter la pénibilité des travaux nécessaires à la production de nourriture et à la satisfaction des autres besoins humains. Si elles sont aujourd’hui indispensables à l’entretien des territoires ruraux, leur utilisation doit être maîtrisée pour en limiter l’impact écologique.

Elles permettent  de faire face à la raréfaction de la main d’œuvre disponible en milieu rural mais ne peuvent totalement s’y substituer.

Elles nécessitent des compétences particulières pour être utilisées efficacement.

 

Les machines agricoles sont présentes dans les secteurs de la production, du stockage, de la transformation et du conditionnement des produits de l’agriculture et de la forêt.

 

En savoir plus

www.irstea.fr (ex CEMAGREF)

www.agriculture-de-demain.fr

Traction animale

La traction animale reste encore aujourd’hui (2012) un des moyens les plus utilisés dans le monde pour cultiver les sols, après le travail manuel humain.

Les chevaux, les mulets et les ânes sont les plus utilisés. Ils peuvent réaliser de nombreuses tâches dans des contextes très variés des campagnes aux villages et aux villes.

Un temps délaissés pour les machines, ils retrouvent en France et en Europe l’affection des hommes en foresterie, en entretien des berges de rivières, en cultures maraîchères et en viticulture, pour des agricultures vivrières et qualitatives, souvent de niche. Ils sont également utilisés pour le transport de matériels, de marchandises et des hommes au niveau local.

 

En savoir plus

www.tractionanimale.fr

 

La production

Les tracteurs agricoles sont utilisés par près de 30 millions d’agriculteurs dans le monde, sur une population agricole estimée à environ 1,3 milliard d’individus. C’est essentiellement dans les pays développés et en développement que ces machines sont présentes.

Les tracteurs sont équipés de moteurs à combustion interne consommant du fioul.

Ils peuvent développer une puissance allant de 33 à 500 chevaux selon les constructeurs.

Ils sont très polyvalents grâce au développement de plusieurs formes de distribution d’énergie :

- énergie mécanique (traction, prise de force, animation d’outils mécaniques),

- énergie hydraulique (relevage, vérins et moteurs hydrauliques),

- énergie électrique (commandes d’animation d’outils, poste de pilotage et électronique, éclairage et signalisation).

Les outils utilisés par les tracteurs ne cessent eux aussi d’évoluer et des tâches autrefois manuelles sont aujourd’hui mécanisées. Ils sont très nombreux, spécialisés et souvent sophistiqués. Des outils de travaux du sol au matériel de transport, en passant par les pulvérisateurs de produits phytosanitaires, les outils d’intervention sur les végétaux (tailles mécaniques, récoltes), ils sont adaptés aux sols et aux types de végétaux cultivés.

Certaines machines sont équipées pour l’utilisation de plusieurs outils simultanément, par exemple une herse et un semoir à céréales ou une écîmeuse viticole et un cadre de labour.

 

En savoir plus

site du département SIAFEE d’AgroParisTech (accès par google en tapant siafee)

 

Le stockage, la transformation et le conditionnement

Les scieries, les caves de vinification, les laiteries, les silos à céréales, les stations de conditionnement de légumes et de fruits, et bien d’autres structures encore sont équipées de machines et de matériels spécifiques, dans certains cas automatisés, qui permettent le stockage, la transformation puis le conditionnement des produits issus de l’agriculture et du milieu rural.

L’énergie qu’elles utilisent est principalement électrique. Elles sont extrêmement variées et spécialisées. Les opérateurs qui ont en charge de les faire fonctionner doivent posséder des compétences appropriées pour les utiliser sans risques.

 

En savoir plus

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